Partenariat pour le progrès : Le Bénin pourrait tirer parti de la coordination du secteur financier

Eldan Goldenberg et Felipe Martin|Aug, 2016

En 2014, seulement 16 % des adultes du Bénin avaient de compte auprès d’un établissement financier (1), contre 29 % des adultes en Afrique subsaharienne. Alors que le marché des services financiers numériques commence à se développer au Bénin, moins de 1 % de la population utilise activement les services de mobile money (2). Bien qu’il existe quelques initiatives prometteuses en cours, si le Bénin veut progresser vers une plus grande inclusion financière, il doit forger des partenariats au sein de son secteur financier pour atteindre les populations non bancarisées.

Le Bénin réalise des efforts à l’échelle nationale pour étendre l’offre des services financiers. Par exemple, Moov a lancé un service de mobile money à fin 2013 et a rejoint MTN dans le secteur de la finance numérique. Par ailleurs, ASMAB est récemment devenue la première institution de microfinance (IMF) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à recevoir une licence d’émetteur de monnaie électronique. Ces quelques exemples doivent être néanmoins renforcés et reproduits dans tout le pays pour une incidence considérable sur l’inclusion financière.

Pour mieux comprendre la situation, MIX a publié une cartographie analytique sur le Bénin, qui explore le paysage actuel de l’inclusion financière au sein du pays et qui a permis de découvrir de premiers résultats passionnants. Continuez la lecture ci-dessous et visitez ensuite le tableau de bord interactif pour explorer vous-même les résultats.

Pour la plupart, les points d’accès aux services financiers du Bénin sont répartis uniformément. Grâce aux données recueillies au niveau local (Échelon 2), nous savons que toutes les communes ont au moins un point d’accès. En effet, la plupart des communes comptent au moins six prestataires de services financiers (PSF) sur place, ce qui évite de trop miser sur un seul fournisseur. En outre, seule une commune, Sô-Ava, a moins de deux types de PSF sur place. 

 Fig. 1 : Répartition des PSF dans les communes 

Toutefois, les données mettent en évidence que les communes les plus rurales sont les plus mal desservies, par rapport aux régions du littoral et aux grandes villes. En général, les communes rurales et intérieures ont au maximum 5 points d’accès pour 10 000 habitants, contre 35 points pour Cotonou et 15-20 points pour les autres villes principales. Comme le montre la figure 2, certaines des communes ayant un accès limité ont également les taux les plus élevés de croissance de population, ceci ouvrant la voie à une disparité encore plus grande.

Fig. 2 : Répartition des PSF selon la demande 

 

Les banques commerciales sont fortement concentrées à Cotonou, et totalement absentes de nombreuses communes. Alors que les ORM (opérateurs de réseaux mobiles) couvrent l’ensemble du pays, ils sont encore principalement concentrés dans certaines grandes villes, notamment à Cotonou, Abomey, Porto-Novo, Parakou, Borgou et Bohicon. Tous les autres types de PSF sont beaucoup plus uniformément répartis dans le pays.

Fig. 3 : Types et concentration de PSF 

 

Le type de point d’accès principal pour les ORM est le réseau d’agents, loin devant tous les autres types. Davantage de partenariats entre ORM et filiales d’IMF/banque sont encore possibles, comme en témoigne l’écart entre le nombre de filiales d’IMF et le nombre beaucoup plus restreint des points de service d’ORM partagés avec des IMF. Compte tenu de la force relative du réseau des IMF dans les communes rurales, élargir ce partenariat permettrait de pallier la disponibilité relativement réduite des points de service d’ORM dans ces zones rurales, en donnant aux gens une autre option d’accès au financement.

Fig. 4 : Types de points d’accès des ORM 

 

Historiquement, la microfinance a joué un rôle clé au Bénin pour assurer l’accès aux services financiers pour les populations non bancarisées. Malgré certaines réticences initiales des IMF à adopter la finance numérique, la coopération entre ces deux types d’institutions pourrait améliorer l’accès au financement à travers le pays et atteindre plus de populations mal desservies.

Sources :

(1)    http://datatopics.worldbank.org/financialinclusion/country/benin

http://www.cgap.org/blog/benin%E2%80%99s-expansion-digital-finance